Avant de poser un parquet, le support doit être sec, plan, propre, solide et stable. Concrètement, il faut mesurer l’humidité de la chape, contrôler la planéité à la règle de 2 mètres, corriger les défauts par un ragréage si nécessaire, et éliminer tout ce qui peut nuire à la tenue du parquet : poussière, laitance, ancien revêtement mal adhérent. Un parquet de qualité posé sur un mauvais support finit presque toujours par poser problème.
Le support est la partie invisible du chantier, et donc la plus souvent négligée. C’est pourtant de lui que dépendent la planéité du sol fini, l’absence de grincements et la tenue du parquet face à l’humidité.
Les cinq qualités d’un bon support
- Sec : un support humide transmet son eau au bois, qui gonfle, se déforme ou se décolle.
- Plan : les creux et les bosses se retrouvent dans le sol fini et font travailler les lames.
- Propre : la poussière et les salissures empêchent la colle d’adhérer ou créent des points durs sous une sous-couche.
- Solide et cohésif : une surface qui s’effrite ou sonne creux ne peut pas porter un parquet durablement.
- Stable : un plancher qui fléchit sous le pas transmet ses mouvements au parquet.
Mesurer l’humidité du support
C’est le contrôle le plus important, en particulier dans une construction neuve ou après des travaux de maçonnerie. Une chape fraîche contient beaucoup d’eau et peut mettre plusieurs semaines, voire plusieurs mois, à sécher selon son épaisseur, la saison et la ventilation.
Les règles de pose fixent des taux maximaux selon la nature de la chape. Pour un parquet collé, ces seuils sont de l’ordre de 3 % pour une chape ciment et 0,5 % pour une chape anhydrite. Les fabricants de colle ou de parquet peuvent imposer des valeurs plus strictes. La mesure de référence se fait à la bombe à carbure, qui analyse un échantillon prélevé dans l’épaisseur de la chape. Les humidimètres électroniques de surface ne donnent qu’une indication.
En pose flottante sur une chape ou une dalle, un film pare-vapeur, ou une sous-couche intégrant cette fonction, est posé sous le parquet. Il limite les échanges d’humidité avec le support. Il ne rend pas pour autant acceptable une chape trop humide. Notre guide sur le choix de la sous-couche détaille les options.
Contrôler la planéité
Posez une règle de 2 mètres dans plusieurs directions, puis mesurez l’écart maximal entre la règle et le sol. Faites de même avec un réglet de 20 cm pour repérer les petits défauts localisés.
Pour une pose flottante, on admet généralement un écart de 5 mm au maximum sous la règle de 2 m et de 1 mm sous le réglet de 20 cm. Les exigences sont comparables pour une pose collée, et certaines notices demandent davantage de précision. Au-delà, il faut corriger le support.
Un exemple concret : sur un parquet flottant, un creux de quelques millimètres sous une lame la fait fléchir à chaque passage. Avec le temps, les assemblages fatiguent, le sol grince et les joints s’ouvrent.
Le ragréage : corriger les défauts
Le ragréage consiste à couler sur le support un enduit de lissage, souvent autolissant, qui rattrape les irrégularités et crée une surface plane. Il se réalise en plusieurs étapes :
- nettoyer et dépoussiérer soigneusement le support ;
- appliquer le primaire d’accrochage préconisé par le fabricant de l’enduit ;
- couler l’enduit en respectant les épaisseurs minimale et maximale indiquées pour le produit ;
- laisser sécher selon la notice avant de poser le parquet, car un ragréage trop frais est lui-même une source d’humidité.
Le ragréage doit être compatible avec le support, le mode de pose et, le cas échéant, le chauffage au sol. Pour une pose collée, il faut aussi vérifier sa compatibilité avec la colle.
Préparer chaque type de support
| Support | Points de contrôle | Préparation courante |
|---|---|---|
| Chape ciment ou dalle béton | Humidité, planéité, laitance en surface | Ponçage de la laitance si nécessaire, ragréage, pare-vapeur en flottant |
| Chape anhydrite | Humidité très faible exigée, pellicule de surface | Ponçage et dépoussiérage, primaire adapté avant collage |
| Plancher bois ou panneaux | Rigidité, fixation, absence de grincements | Revisser, remplacer les éléments abîmés, rattraper la planéité |
| Ancien carrelage | Adhérence des carreaux, joints, planéité | Recoller les carreaux creux, dégraisser, dépolir avant collage |
| Ancien parquet | Stabilité, lames qui bougent, humidité | Refixer les lames, poncer les désaffleurements |
| Moquette | Support trop souple | Dépose obligatoire, puis préparation du support mis à nu |
Les chapes ciment et dalles béton
En surface, une chape présente souvent une fine couche fragile et poudreuse, appelée laitance, qui nuit à l’adhérence d’une colle ou d’un ragréage. On l’élimine par ponçage. Les fissures sont traitées avant toute pose.
Les chapes anhydrite
Elles sont appréciées pour leur planéité, mais elles exigent un taux d’humidité très bas et une préparation spécifique : ponçage de la pellicule de surface, dépoussiérage soigné, et primaire adapté avant tout collage.
Les planchers bois et panneaux
Le plancher doit être rigide, sans fléchissement, et bien fixé. Les lames ou panneaux qui bougent ou grincent sont revissés, et les éléments abîmés remplacés. En rénovation, une chape sèche thermo-acoustique peut créer un support plan et performant sans apport d’eau.
Les anciens revêtements
Un carrelage ou un parquet existant peut servir de support s’il est sain, bien fixé et plan. La moquette, elle, doit toujours être retirée. Pour les sols souples comme le PVC ou le linoléum, la possibilité de les conserver dépend du mode de pose et des préconisations du fabricant. Dans le doute, la dépose reste la solution la plus sûre.
Les vérifications de dernière minute
- Les travaux humides sont terminés et secs : enduits, plâtre, peintures.
- Les menuiseries extérieures sont posées et le logement est hors d’eau.
- Le support est aspiré juste avant la pose.
- Le parquet a été acclimaté dans la pièce selon la notice.
Le support est prêt : place à la pose. Consultez notre guide poser son parquet comme un pro, notre article sur la pose d’un parquet flottant, ou notre gamme de colles pour parquet pour une pose collée.
FAQ : préparer le support d’un parquet
Combien de temps faut-il attendre après une chape pour poser un parquet ?
Cela dépend de l’épaisseur de la chape, de sa nature, de la saison et de la ventilation. Il faut souvent plusieurs semaines, parfois plusieurs mois. Seule une mesure d’humidité permet de savoir si la chape est prête.
Comment mesurer l’humidité d’une chape ?
La méthode de référence est la bombe à carbure, qui analyse un échantillon prélevé dans la chape. Un humidimètre électronique de surface ne donne qu’une indication.
Faut-il toujours faire un ragréage avant de poser un parquet ?
Non. Le ragréage n’est nécessaire que si le support présente des défauts de planéité au-delà des tolérances, ou s’il est trop dégradé en surface.
Faut-il un pare-vapeur sous un parquet flottant ?
Sur une chape ou une dalle minérale, oui : un film pare-vapeur, ou une sous-couche intégrant cette fonction, limite les échanges d’humidité avec le support.
Peut-on poser un parquet sur une moquette ?
Non. La moquette est trop souple et peut retenir l’humidité. Elle doit être retirée, puis le support mis à nu doit être préparé.
Peut-on poser un parquet sur un ancien parquet ?
Oui, s’il est stable, plan et bien fixé. Les lames qui bougent ou grincent doivent être refixées avant la pose du nouveau parquet.
